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Histoire locale


 

C’est un beau jour de fin d’hiver, un de ces jours lumineux qui font pressentir le printemps avec le feuillage naissant, un jour où l’âme s’épanouit aux rayons du soleil.

"Un léger brouillard transparent enveloppe l’horizon ; mais autour de nous, la nature baigne dans la jeune lumière, sans avoir encore les couleurs éclatantes de mai."

"J’éprouve une inexplicable vivacité, une surabondance de vie qui passe dans tous mes actes. Je ne marche que par bonds ; je chante comme malgré moi, inspiré par l’aspect de la nature. Je ne suis plus qu’un grand enfant qui vibre à trop de sensations pour réfléchir tranquillement et qui se livre au charme sans l’approfondir. Je reçois la vie par tous mes sens et ne puis rendre mes impressions que par des mouvements qui trahissent ma joie intérieure. J’oublie inquiétudes et peines, je suis libre, il fait beau, je marche, je cours. C’est presque le bonheur." Achille Allier 1832

Achile Allier bijoux de l'oppidum

 

 

Journaliste,historien, défenseur et illustrateur du patrimoine bourbonnais, Jean François Achille Allier a vécu de 1807 à 1836, il a connu l’empire triomphant et sa chute en 1815, l’humiliation de la France vaincue, puis le règne des derniers Bourbons - Louis XVIII, Charles X et Louis Philippe. Les écrits et dessins de cet écrivain, d’une surprenante modernité me seront d’une aide précieuse pour la rédaction et l’illustration de ces quelques pages.

 

 

 

Nous vivons dans un moment de renouvellement, où l’étude de l’avenir qui s’avance doit éveiller une sympathie correspondante pour le passé qui s’en va : c’est un soleil couchant, dont les dernières lueurs meurent sur des nuages qui se décolorent, se divisent et se perdent dans l’espace ; hâtons - nous de fixer les nuances fugitives. (Achille 1833 intro de L’ancien Bourbonnais)

En octobre 1907, Victor Benoît dans un courrier à son beau-frère (mon arrière-grand-père) nous fait un petit commentaire de maître d’apprentissage sur les débuts de Félix Allier, son neveu apprenti bijoutier :

10/10/1907
Mon très cher beau-frère.
Je joins ce petit mot à la lettre de Félix, pensant te faire plaisir en te parlant de son travail.
En deux mots je vais te renseigner quoique bien nouveau dans le métier on peut quand même juger de ses dispositions.
Je crois que Félix fera quelque chose de bien car il est attentif et surtout, fait de son possible ; mais il est timide dans son travail, il n’ose pas, et manque d’initiative. La timidité lui passera vite, l’initiative lui viendra aussi car sur beaucoup de petites choses, je le laisse se débrouiller seul.
Ensuite je lui dis comment il a bien fait sur certains points et mal sur d’autres. En somme dans trois ou six mois au plus, il aura sûrement perdu sa timidité au travail comme ailleurs ; et dans un an au plus, il aura plus d’initiative, osera mieux seul faire une chose que je ne le lui aurai pas dite, ni faite voir. Dans notre métier il en faut tant de cette malheureuse initiative, on est si longtemps pour ne pas dire toujours, peu ou pro apprenti que c’est une des premières choses à apprendre. Comme je lui dis souvent (autant que possible) fais seul, si tu fais une bêtise tant pis. Je te le dirai, tu recommenceras mais si tu fais bien tout seul, il y a double avantage car cette chose que tu as bien faite seul tu ne l’oublieras jamais, tandis que celle que je t’explique, dans une heure, tu ne t’en rappelleras plus. En somme, cela va mais que les premiers temps sont durs, surtout pour le patron ; tu dois en savoir quelque chose avec tout tes gamins !!!
Que la trop bonne mère de Félix se console, son enfant ne s’ennuie pas du tout et s’accommode fort bien de sa nouvelle vie. De temps à autre je te tiendrai au courant des progrès de mon élève.
Adieu au nom de tous à tous petits et grands une belle et bonne bise et bienveillance.