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Recherches et reproductions


En 1986, la rénovation de l’hôtel Valence de la Miniardière à Roanne, permit la mise en valeur des travaux de Joseph Déchelette qui fut à l’origine du musée qui porte son nom.
Le cheval et le sanglier de l’oppidum de Jœuvres sont les deux objets phares des collections d’archéologie locale.
V.Guichard, attaché au dépôt de fouilles et Eric Moinet, conservateur du musée de l’époque m’ont confié le travail de moulage de ces deux figurines de bronze. Il m'a été facile d’en faire des reproductions fidèles avec les procédés actuels.

La qualité technique et plastique de ces objets ne peut que nous interpeller. Comment nos ancêtres avec des matériaux sommaires parvenaient-ils à un résultat aussi abouti ? Joseph Déchelette dans le tome 4 de son manuel décrit le procédé de fonte à cire perdue et la forme des moules d’objets coulés en grappe, le mettre en œuvre paraît être d’une simplicité enfantine… Il m’aura fallu plusieurs années et un voyage chez les bronziers du Burkina Faso pour arriver à des résultats satisfaisants et m’avancer sur la présentation d’une chaîne opératoire plausible.

La fibule "Léontonorphe" caractéristique du style du 3eme av. par le dessin de ses écailles est un autre joyau de l’archéologie locale reproduite en 1987.

L’oppidum du Crest Chatelard, contemporain du site de Jœuvres fut étudié à la fin du 19eme siécle par Vincent Durand. Il nous fit la description détaillée d’un cadran solaire du 1er av. Mystérieusement disparu des collections à son époque, ses dessins m’ont permis d’en faire un fac-similé (Musée J.Déchelette). J’espère pouvoir un jour le comparer avec l’original.

En 1988, Bibracte met en scène dans le musée un mannequin représentant Dumnorix guerrier celte, j’ai eu l’honneur de lui confectionner un torque digne d’un chef, nous avons pris le torque de Tayac en référence.

Jacques Gabriel Bulliot et Joseph Déchelette ont amorcé la description de la chaîne opératoire de fabrication et d’émaillage de clous-rivets en bronze produits dans un atelier du mont Beuvray. Une relecture de ce paragraphe m’a amené à expérimenter le dépôt d’émail par transfert, la poudre étant appliquée sur la cire, et l’émail cuit par l’introduction du métal en fusion dans le moule. Cette technique permet de produire des clous très semblables aux originaux et génère des fragments de moules portant la trace de calottes d’émail à la forme du rivet proches de ceux décrits par les archéologues.

Dépose de l’émail sur la maquette de cire.

Je reproduis pour la ville de Dijon des fibules en bronze destinées à la vente dans la boutique du musée archéologique.



Ces fibules se portaient par paire, elles étaient reliées par une chaînette.

Joseph Déchelette dans son manuel d’archéologie présente la photo d’une ceinture gauloise sur un mannequin, en 2004, l’exposition “trésors de femme” à Bibracte en présente un magnifique exemplaire ayant pour origine l’oppidum de Manching en Bavière, belle occasion d’illustrer la bible de l’archéologue.

Reproduction bronze de la ceinture.

La reproduction du heurtoir de porte de l’hôtel Jean Pelletier de St Haon le Châtel, volé il y a quelques années, a été l’occasion de l’éditer à huit exemplaires.




Depuis une quinzaine d’années je fournis, par l’intermédiaire du centre archéologique du mont Beuvray, plusieurs musées en reproductions de monnaies, flans étain et coins monétaires pour l’animation des ateliers pédagogiques.


Des essais tous azimuts avec l’outillage fabriqué nous ont amenés, Dominique Lacoste (archéologue expérimental du centre) et moi à remettre en question le terme générique de frappe de monnaie.


Si la frappe d’un flan est le procédé le plus simple et le plus fiable pour authentifier la qualité et la provenance d’un métal pur, or ou argent, très mou et poinçonable par définition, il n’en n'est pas de même pour des alliages peu malléables tel que le bronze. Le terme de monnaie coulée est reconnu pour les monnaies nommées potains, les traces de plan de joint et la médiocre définition du dessin de ces pièces laisse facilement penser qu’elles ont été réalisées à l’aide moules bivalves, mais la qualité possible de production par le procédé de fonte à cire perdue laisse envisager l’emploi de ce procédé pour certains autres types de pièces, le concept d’empreinte, contre empreinte et retouche d’une matière plastique telle que la cire, permet d’expliquer l’évolution de certains dessins et la multiplicité des coins. Joseph Déchelette avait constaté, suite à des analyses par voie humide de potains et de monnaies bronze, que la composition des alliages était proche. De nombreuses monnaies de cette époque s’avèrent être des monnaies dites fourrées. Ce type de monnaie est composé d’une âme de métal vil, cuivre, bronze ou fer et d’un revêtement en métal précieux, souvent de l’argent. Le procédé de fabrication est difficilement explicable par une autre technique que la fonderie. Dominique Lacoste et moi avons réalisé des essais dans ce sens.


Une cession à Bibracte au mois d’août 2008 en présence de Katherine Gruel (directeur de Recherche ENS-CNRS UMR 8546-6), de Lucie Jeunot (Docteur en archéologie numismatique), de Médhi Meguelti (ingénieur métallurgiste) et de Marc Gruel (Etudiant informaticien) nous a permis d’expérimenter les différentes hypothèses émises. Nous avons produit de nombreuses monnaies. Une comparaison objet archéologique/fac-similé en laboratoire reste à venir. Nous attendons les résultats avec impatience.



Le musée Gallo-romain de Fourvière a proposé à l’école Centrale de Lyon un projet d’étude. Celui-ci concerne les procédés de fabrication de la Table Claudienne et du Calendrier de Coligny, deux pièces en bronze réalisées au premier siècle de notre ère. Il s’agit de deux œuvres majeures du patrimoine français, par leur nature : deux plaques de bronze, parce qu’elles décrivent : la Table Claudienne retranscrit un discours prononcé par Claude au Sénat romain autorisant les Gallo-romains à prendre part à la vie politique romaine et le Calendrier de Coligny est quand à lui un calendrier lunaire du type de ceux utilisés par les populations celtes, par leur style graphique : la Table Claudienne comporte des lettres capitales “d’imprimerie” alors que le calendrier de Coligny propose une écriture curviligne.
Un groupe d’élève-ingénieurs a entrepris d’apporter ses lumières pour tenter d’expliquer ces procédés sous la direction de Roberto Vargiolu Docteur en tribologie. Le projet d’une durée de 15 mois a été amorcé en octobre 2007 et touchera à sa fin en décembre 2008.
L’école Centrale compte dans ses rangs un laboratoire de tribologie (étude des surfaces) [LTDS : laboratoire de tribologie et de dynamique des systèmes] disposant des dernières technologies. L’équipe a donc entrepris une étude archéo-tribologique sur ces deux œuvres. La première étape consistait à réaliser des moulages de latex sur les deux œuvres pour avoir des négatifs des œuvres afin d’envisager d’autres moulages. Une collaboration est alors née avec mon atelier, les élèves me fournissent des cires (positifs) de leurs répliques de différentes natures : cire d’abeille, cire microcristalline…, et je réalise des coulées de bronze suivant différents protocoles : moulage à l’argile, moulage au sable et au plâtre. La seconde étape consistait cette fois à constater la qualité de la surface de ces moulages.

Fragment de la table Claudienne

Fragment du calendrier de Colligny



Nous avons plus récemment, le lundi 22 Septembre 2008, obtenu l’accord du musée de Fourvière pour réaliser des prélèvements d’échantillons de bronze sur la Table Claudienne (première historique !). J’ai effectué ces prélèvements, leur analyse a été réalisée par un laboratoire du CNRS. Des essais de gravure de la cire sont venus compléter les étalons. Le groupe d’élèves ingénieurs devrait nous livrer ses conclusions prochainement.



Agathe Gluchy prépare sa thèse de doctorat en archéologie à l’université U.M.R.Arthehis 5594 de Dijon, son étude consiste à analyser la gravure d’un ensemble de bracelets de l’âge du bronze issus d’un trésor archéologique découvert en 2002 à Saint Priest. Son travail se fait avec la collaboration du laboratoire de tribologie de l’école Centrale de Lyon, je l’accueille par cessions d’une semaine pour la réalisation de ses essais. 2009 devrait voir l’aboutissement de ses travaux. Nous lui souhaitons bon courage pour la rédaction de sa thèse.




Tracer une marche à chaque capacité, indiquer les recherches, faire des explorations partielles, se communiquer les découvertes et les travaux, et leur donner la publicité ; réunir les objets d’art, dédaignés par l’indifférence ou offerts par le savoir, en former un musée, y entretenir une école gratuite et y fonder des cours publics ; tel est le seul moyen de populariser l’art et de servir au progrès de la science. (Achille Allier 1833)

L’expérimentation de production de monnaies du mois d’août 2008 à Bibracte nous incline à considérer le principe de monnaies bronze coulées comme possible. Les montages en étoile donnent de bons résultats.


La tentative de couler des flans calibrés dans des plaques de céramique alvéolées a confirmé l’impossibilité de cette opération.
La technique de dépôt d’un revêtement argent par “sauçage” de la pièce dans un bain de métal en fusion s’est révélée spectaculairement incontrôlable.
Les essais de monnaies fourrées par introduction de l’âme de métal dans la cire donnent des résultats trop aléatoires pour envisager de les retenir comme procédé de fabrication de série. Depuis, nous essayons de mettre au point le dépôt d’argent sur les monnaies bronze par “sauçage” d’un sel d’argent puis cuisson du composé. Les premiers essais sont encourageants.

Les conclusions de l’équipe de jeunes ingénieurs de l’école centrale sur les procédés de gravure de la table claudienne nous renvoient au chapitre de la fabrication des grands bronzes de l’antiquité. A ce propos, Maria-Pia Darbade-Audoin, docteur en histoire de l’art et Benoît Mille archéométallurgiste tiendront une conférence au musée de Fourvière le jeudi 19 mars à 19 h. Un pied de bronze colossal en bronze découvert en 2007 à Clermont-Ferrand sera l’occasion de faire le point sur les réalisations des bronziers grecs et romains. Ils nous entraîneront certainement sur les traces de Zénodore et de ses émules.


Romain Prevalet jeune archéologue étudie les techniques de granulation d’or des bijoux de l’antiquité. Il partage son temps entre la Syrie où l’on retrouve les traces parmi les plus anciennes de l’emploi de ces procédés et la fac de Paris où il rédige sa thèse. Une rencontre avec ce voyageur m’a poussé à relire mes cours de l’école de bijouterie où l’on évoquait les techniques antiques très particulières de soudure de filigranes et de granules minuscules sans apport de brasure, ce qui est impossible à cette échelle. Le résultat donne une texture de surface et un aspect irisé impossible à reproduire avec nos procédés actuels.
Une commande pour une amie sensible à la culture l’histoire et l’archéologie sera l’occasion de remettre en œuvre ces savoir faire de l’antiquité. Je choisis d’interpréter un motif étrusque du VIème Av. Les artisans étrusques, s’ils ne sont pas les premiers à avoir employé ces techniques, sont certainement ceux qui ont poussé le plus loin la miniaturisation des grains.
Nous allons donc fabriquer des micros billes et les calibrer, composer des motifs et mettre au point la technique d’assemblage.